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Les caractères

Troisième période sculpturale chez ANASSE Les Caractères.
Cette période coupe en pleine dynamique Les Reliefs en tôle martelée,
alors que par la suite la particularité de sa sculpture fut d'être évolutive.
Reliefs aux constructions solides, aux compositions strictes, aux affirmations matures. Etonnantes chez un si jeune homme.
D'un coup, comme si le monde n'était pas aussi harmonieux qu'il le souhaitait, apparaissent Les Caractères. Silhouettes insidieuses, vues de l'extérieur, comme tournant autour, attitude d'observations des comportements. Se créent alors des personnages, faits de montages anthropomorphiques d' oiseaux, d'insectes et d'humains. Parfois équipés de pieds, ou simplement fichés en terre, protégés de cuirasses, définissant des comportements humains, pitoyables et cruels. On peut y voir sur de longues pattes d'échassiers, la fragilité, une carapace, l'inquiétude. Avec comme moyen d'expression, un bec, construit comme un diapason, vibrant, au rythme de ses agressivités. D'autres encore aux ambivalences affectives et cruelles, Les Relations Humaines.
Tout en courbes sensuelles à l'extérieur, s'exprimant à l'intérieur par des membres acérés où, dans un désir de communication les antagonismes se lacèrent. Des silhouettes fichées dans le sol, comme des graminées passent de la germination à la cosse vide. Germination et dépérissement, mort ou naissance. L'artiste laisse chacun libre de ses angoisses métaphysiques. Et puis cet Embarquement pour Cythère ...
Cette période de solitude folle s'est désagrégée dans un éclatement des formes, perdant leurs supports, formulant leurs vides et menant aux Volumes Eclatés, période de maturation menant aux futures sculptures monumentales.



Les Caractères. Cette période coupe en pleine dynamique les Reliefs en tôle martelée,
alors que par la suite la particularité de sa sculpture fut d'être évolutive.
Reliefs aux constructions solides, aux compositions strictes, aux affirmations matures.
D'un coup, comme si le monde n'était pas aussi harmonieux qu'il le souhaitait, apparaissent Les Caractères. Silhouettes insidieuses, vues de l'extérieur, comme tournant autour, attitude d'observations des comportements. Se créent alors des personnages, faits de montages anthropomorphiques d' oiseaux, d'insectes et d'humains. Parfois équipés de pieds, ou simplement fichés en terre, protégés de cuirasses, définissant des comportements humains. Avec comme moyen d'expression, un bec, construit comme un diapason, vibrant, au rythme de ses agressivités. D'autres encore aux ambivalences affectives et cruelles.
Tout en courbes sensuelles à l'extérieur, s'exprimant à l'intérieur par des membres acérés où, dans un désir de communication les antagonismes se lacèrent. Des silhouettes fichées dans le sol, comme des graminées passent de la germination à la cosse vide. Germination et dépérissement, mort ou naissance. L'artiste laisse chacun libre de ses angoisses métaphysiques. Et puis cet Embarquement pour Cythère ...
Cette période de solitude folle s'est désagrégée dans un éclatement des formes, perdant leurs supports, formulant leurs vides et menant aux Volumes Éclatés, période de maturation menant aux futures sculptures monumentales.




Michel Anasse rêveur d’images


L’œuvre de Michel Anasse trouble, provoque, brouille les pistes et, loin, très loin des bavardages intello conceptuels d’un art auto-proclamé contemporain, l’artiste se garde bien de nous aider à nous y retrouver.

Des femmes, sans aucun doute, très majoritaires, constituent l’âme de ce « retour à la terre ». Démesurées, disproportionnées, mutilées, déchirées, désemparées, souvent sans visage, accusatrices mais aussi indifférentes, maternelles, sources de vie. On en trouve même une, rigolarde qui se moque bien de l’air du temps.

Qui sont-elles ? Ou peut-être qui est-elle ? Divinités d’avant ou d’un lointain ailleurs, unique et protéiforme qui s’éclate en de multiples représentations ?

Ce qui est sûr, c’est que les images masculines font, à leurs côtés, bien piètre figure. Deux hommes bien seuls et impuissants, l’un à terre, stupéfait, comme pétrifié, déchu de son trône de vanité, préfigurant déjà l’autre, un vieillard qui n’attends plus que la mort.

Indécision semble le maître mot.

Revenons aux figures féminines. Sont-elles en devenir fluide, retournant inexorablement à l’indifférenciation des cristaux d’argile ou formes en devenir ? Résultat de fouilles archéologiques de lieux et temps incertains ? Essais de la nature portant déjà en eux les tourments et les affres d’une humanité à venir ?

Que dire d’un aspect peu courant d’une œuvre d’art, l’indécision d’échelle ? De fait, on peut les imaginer de très modestes dimensions mais également monumentales, déesses gigantesques érigées par des armées innombrables d’hommes craintifs et repentants, actes de contrition en souvenir d’anciennes exactions.

Michel Anasse inventeur de chimères pour la seule satisfaction de son plaisir pervers ? Ce serait refuser d’affronter son regard exigeant sur l’humain.

Michel Anasse aime ses créatures, il connaît leurs sortilèges pour les avoir tant caressées, pétries, portées à l’incandescence. Elles sont uniques et toutes à la fois.

Elles sont Muses rebelles qui témoignent et accusent un monde indécent de volonté de pouvoir, d’arrogance, de vanité.

Michel Anasse est l’artiste le plus doux que je connaisse et sa révolte est sans limite, contenue dans la douceur de la terre qu’il a élaborée avec tendresse pour mieux signifier la violence de son propos.

Il n’a toutefois jamais l’esprit de sérieux. Une petite vanité espiègle en témoigne s’il en était besoin.

Ce catalogue s’achève par une vulve en majesté. Promesses de temps nouveaux ? Pas sûr !

Si vous avez la bonne oreille, vous comprendrez la musique de la terre.





Bernard Bougenaux
Le Vieux Saint-Maximin le 05.Décembre 2012
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